• Sacha Carlson

À propos du prochain ouvrage de Joëlle MESNIL

Mis à jour : 6 janv. 2019



Parmi les premiers lecteurs et commentateurs de Richir, je voudrais mentionner Joëlle Mesnil, à qui je voudrais consacrer cette note de blog pour annoncer la parution - j’espère toute prochaine - de son dernier ouvrage en date, où elle reprend, de manière "problématisante" et très éclairante, son parcours de pensée en dialogue avec Marc Richir. Commençons par une présentation de l’auteure. "Après des études de Philosophie, d’Anthropologie, de Langues scandinaves et de Psychologie, Joëlle Mesnil a soutenu à Paris 7, en 1988, une thèse pluridisciplinaire sur « La désymbolisation dans la culture contemporaine ». Elle a exercé pendant une vingtaine d’années le métier de psychologue clinicienne dans un contexte hospitalier avec des patients psychotiques. Deux rencontres se sont avérées décisives pour son parcours : à la fin des années 70, celle du psychanalyste Pierre Fédida grâce auquel elle a découvert des pensées qui ont donné à son travail une inflexion plus proprement phénoménologique (Binswanger, Maldiney, Gustave Guillaume, E. Straus, J. Schotte), puis au tout début des années 90 celle de Marc Richir auquel elle a consacré plusieurs articles introductifs. Ses recherches sur la désymbolisation sont désormais étroitement liées à son étude de la pensée du philosophe belge. Mais en plus de cette présentation classique, je voudrais souligner trois éléments significatifs, qui précisent la proximité singulière et paradoxale de Joëlle Mesnil avec l’oeuvre, la pensée et la personne de Marc Richir.

En premier lieu, il est caractéristique que sa thèse doctorale (accessible en cliquant ici), défendue en 1988, s’attache à la question du symbole, du symbolique et de ce qu’elle nomme la désymbolisation, sans connaissance aucune de l’oeuvre de Marc Richir et de la problématique de l’institution symbolique qu’il y élabore. Ce travail très impressionnant - texte que quiconque travaille sur la question du symbolisme ne devrait pas ignorer - présage pourtant, comme en creux, une discussion serrée avec la pensée de Marc Richir, notamment à propos de la distinction qui s’y élabore entre une dimension phénoménologique et une dimension symbolique de l’expérience.

En deuxième lieu, il faut rappeler que Joelle Mesnil a été l’une des lectrices précoces de Richir, dont elle a rencontré les textes tout de suite après sa soutenance de thèse. On lui doit d’ailleurs le tout premier article consacré à la pensée richirienne : "L’anthropologie phénoménologique de Marc Richir" (1994) ; et je rappelle également, au passage, pour la petite histoire, que c’est dans sa maison proche de Paris que s’est tenu pendant plusieurs années un séminaire privé de Marc Richir.

En troisième lieu, il faut souligner l'un des aspects remarquables de ses travaux : ils reprennent les axes de pensée de la phénoménologie richirienne pour en creuser et éprouver la pertinence dans le champ de la psychopathologie, qu’elle connaît donc de manière non seulement théorique, mais aussi comme praticienne clinicienne. Ces différents éléments ressortent d’ailleurs clairement à la lecture de son dernier ouvrage en date, intitulé L'être sauvage et le signifiant, dont voici la présentation : « Dans les textes qui composent ce volume et dont la rédaction s’étale sur une trentaine d’années, deux polarités se recroisent : d’une part, symbolique et phénoménologique, polarité qui constitue la base de l’architectonique de Marc Richir, d’autre part, phénoménologie et psychopathologie. L’auteur considère que certaines pensées psychanalytiques contemporaines sont susceptibles d’apporter une attestation au bien-fondé de l’architectonique de Marc Richir, et inversement que la pensée du philosophe apporte un fondement transcendantal à tout un pan de la psychopathologie. Il ne s’agit pas d’apporter de l’extérieur une sorte de caution scientifique à un travail philosophique, pas plus que de fournir aux psychanalystes ou aux psychiatres une sorte de « garantie » philosophique. « Attestation » signifie que chez plusieurs psychanalystes et/ou psychiatres qui sont ici l’objet de références, il semble bel et bien que des concepts « richiriens » aient été « en fonction » alors même que les auteurs ne se référaient pas au philosophe. De même, des notions propres à certains psychanalystes laissent transparaître des intuitions philosophiques auxquelles la phénoménologie de Marc Richir paraît bien donner un concept. L’auteur se propose de montrer en quoi la pensée philosophique de Marc Richir peut être mobilisée dans un travail relevant de l’Anthropologie et de la Psychopathologie. Entreprenant la critique d’un nominalisme « exubérant » très répandu dans le monde analytique, l’auteur lui oppose un nouveau réalisme indissociable d’une conception elle-même renouvelée de constructions non plus spéculatives mais phénoménologiques c’est à dire ancrées dans une Sache qui de quelque façon contraint la pensée et constitue pour elle une instance critique. Si cet ouvrage fait apparaître une chronologie empirique au sein de laquelle certains concepts se mettent en place progressivement, par approximations successives, il n’en reste pas moins que l’essentiel n’est pas là et que cette chronologie est habitée par un anachronisme : c’est le récit d’une hantise et de ses effets sur une pensée qui s’impose tout du long : la hantise d’un réel. » J’ajoute ici la table des matières, qui permet de se faire une idée plus précise de l’architecture et de la progression de l’ouvrage. L’ÊTRE SAUVAGE ET LE SIGNIFIANT. Pour une critique du nominalisme en psychopathologie. Introduction à l’œuvre de Marc Richir. INTRODUCTION (2017). CHAPITRE I. MARC RICHIR : UNE PHÉNOMÉNOLOGIE BIEN SINGULIÈRE. 1 – Aspect de la phénoménologie contemporaine : vers une phénoménologie non symbolique. (1995) 2— Symbolique et phénoménologique. Une distinction organisatrice dans l’architectonique de Marc Richir. (2003) CHAPITRE II. MARC RICHIR ET LA PSYCHANALYSE DECONSTRUCTIVE DE SERGE VIDERMAN. 1— L’anthropologie phénoménologique de Marc Richir. (1994). 2— Constructions spéculatives et constructions phénoménologiques dans l’espace de la psychothérapie. (2015). 3— Un néo-nominalisme exubérant. (2003). CHAPITRE III : POUR UN NOUVEAU RÉALISME EN PSYCHANALYSE avec MARC RICHIR ET JEAN LAPLANCHE. 1— L’incompréhensibilité du symptôme (1995). 2— La pulsion chez Marc Richir. (1998-2011). 3— La « réalité » de l’inconscient phénoménologique et celle de l’inconscient symbolique. (1999).. CHAPITRE IV. MARC RICHIR ET WINNICOTT. -Réflexion sur la notion de monade psychique, Une difficulté de lecture d’un texte de Marc Richir : Phantasia, imagination, affectivité. CONCLUSION. ANNEXES 1- Soutenance de thèse. Exposé de présentation. 1989. 2- La désymbolisation en question. Psychanalyse à l’université.1990. 3- Sens, signification, référence. La désincarnation du sens dans la culture contemporaine.( Séminaire donné au Collège international de Philosophie en 1994.) 4 – Lettre à Marc Richir.

En attendant la publication de ce livre, je met ici à disposition des lecteurs, en plus de sa bibliographie, différents de ses textes.

BIBLIOGRAPHIE et TEXTES EN LIGNE (cliquer ici pour la version word de cette bibliographie) (cliquer sur les références en bleu pour accéder aux textes) En français. « Études de diverses manifestations de notre comportement alimentaire aujourd’hui », Voyages ethnologiques - Cahiers Jussieu 1. Université de paris VII. 10/18, 1976. « Lieux dits », in Géographie(s) ? Le Lumen, ed. Trois Cailloux, 1985. « La désymbolisation en question », in Psychanalyse à l’université, N°59, juillet 1990. « Étude des fondements épistémologiques, herméneutiques et ontologiques de la notion d’“identité narrative” chez P. Ricœur », in Q. Debray et B. Pachoud (sous la direction de), Le récit. Aspects philosophiques, cognitifs et psychopathologiques, Masson, 1993, pp. 23-31. « L’anthropologie phénoménologique de Marc Richir », in Revue Internationale de psychopathologie, N°16, 1994, pp. 643-664. « Aspect de la phénoménologie contemporaine : vers une phénoménologie non symbolique », in L’art du comprendre, N°3, juin 1995, pp. 112-129. « Il n’y a pas de message dans le tableau », Catalogue de l’exposition d’Olivier Legrand à la Galerie Charlotte Norberg, 2005. « L’art de perdre son temps », in Flux News, Trimestriel d’actualité d’art contemporain. 07/2005. « Pour en finir avec la rage de conclure », in Flux News, Trimestriel d’actualité d’art contemporain 04/2006. Être un caillou, Les impressions nouvelles, 2009. Roman. « Un néo-nominalisme exubérant, in Eikasia 47, 2013, pp. 417-436 


« La pulsion chez Marc Richir », in Eikasia 47, 2013, pp. 527-572. « Mon chemin vers Marc Richir », in Eikasia 47, 2013, pp. 855-888. « Symbolique et phénoménologique. Une distinction organisatrice dans l’architectonique de Marc Richir », in Eikasia 57, 2014, pp. 259-284.


« Constructions spéculatives et “constructions” phénoménologiques dans l’espace de la psychothérapie : Pour une critique de la notion de “construction” en analyse à partir de l’exemple de Serge Viderman », in Annales de Phénoménologie, N°14, 2015. « Réflexion sur la notion de monade psychique. Une difficulté de lecture d’un texte de Marc Richir : Phantasia, imagination, affectivité », in Annales de Phénoménologie, N°15, 2016. En espagnol. « Mi camino hacia Marc Richir », traducción por Pablo Posada, in Eikasia 66, 2015, pp. 455-510.

« Sentido. Significación. Referencia. De la distinción sentido/significación a la distinción referencia objetual/referencia no objetual ». Propuesta de dirección de seminario* en el Collège International de Philosophie. Año 1994 Traducido del francés por Pablo Posada Varela, Eikasia 66, 2015, pp 497-510.

« Para acabar con … la rabia de concluir », traducción por Pablo Posada, Eikasia 66, 2015, pp. 249-262. « El arte de perder el tiempo », traducción por Pablo Posada, Eikasia 66, 2015, pp. 193-204. « La cuestión de la desimbolización », traducción por Pablo Posada, Eikasia 68, 2016, pp.33-66. « La pulsión en Marc Richir », traducción por Pablo Posada, Eikasia 70, 2016, pp. 79-142. « Aspectos de la fenomenología contemporánea: hacia una fenomenología “no simbólica” », traducido del francés por Pablo Posada Varela, www.pensamientopolitico.udp.cl. Número 7, Julio 2016, pp. 165-184. « “Construcciones especulativas” y “construcciones fenomenológicas” en el espacio de la psicoterapia. Para una crítica de la noción de “construcción” en análisis: el ejemplo de Serge Viderman » , traducción por Pablo Posada Varela, Eikasia n°72, Septembre 2016. pp. 361-409. « La antropología fenomenológica de marc Richir », trad. Pablo Posada Varela, in in Verónica Medina Rendón (Compiladora): Antropología y fenomenología Antropología filosófica y filosofía de la cultura, Centro Mexicano Investigaciones fenomenologicas, Mexico, 2017, pp. 174-202. « Marc Richir: una relación totalmente nueva con la psicopatología », traducción por Pablo Posada Varela, Eikasia, N°73, 2017, pp. 59-83

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